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S’adapter ? Facile à dire…

Face au changement climatique, aux pandémies, aux tensions géopolitiques ou aux bouleversements technologiques, on entend le même refrain: « Il va falloir s’adapter.»  Le propos suggère que notre espèce est extraordinairement adaptable et que, comme elle l’a toujours fait, elle finira par trouver des solutions. Que peut signifier s’adapter aujourd’hui et qui est ce « nous » qui doit s’adapter ? S’agit-il de ceux qui souffrent pendant les vagues de chaleur ? de tous ceux menacés par la montée des eaux ? Les agriculteurs confrontés à des sécheresses ou des inondations répétées ?

S’adapter ensemble 

Nous nous voyons souvent comme l’espèce la plus adaptable de la planète. Oui, notre espèce vit aujourd’hui aussi bien dans l’Arctique que dans les déserts, les forêts tropicales, les mégapoles ou les hautes montagnes…

Pourtant, cette réalité en masque une autre. Nous ne nos adaptons pas seuls. Nous nous adaptons ensemble.  Lorsque les Inuits vivent dans l’Arctique, ce n’est pas parce que leurs corps résistent naturellement au froid extrême. Ils ne l’ont pas fait grâce à leur seule biologie. C’est parce qu’ils disposent de vêtements, d’abris, de techniques de chasse, de connaissances de la glace, de formes d’entraide et de récits transmis depuis des générations. Ils l’ont fait grâce à leurs cultures.

Les sociétés caribéennes offrent, elles aussi, un exemple particulièrement éclairant. Depuis des siècles, elles vivent avec les cyclones, les séismes et les éruptions volcaniques. L’adaptation ne repose pas uniquement sur des digues, des normes parasismiques ou des systèmes d’alerte. Elle repose aussi sur une mémoire collective des catastrophes. En Guadeloupe, le cyclone de 1928 ou l’ouragan Hugo de 1989 demeurent des repères dans les récits familiaux. On y transmet des savoirs sur les lieux où s’abriter, ceux à fuir, les matériaux qui résistent le mieux, les arbres à préserver ou les gestes à accomplir avant l’arrivée d’un cyclone. Après le passage d’un cyclone, les premiers secours viennent rarement des institutions. Ils viennent des voisins qui  partage l’eau, les groupes électrogènes…

Ainsi, dans toute la Caraïbe, les catastrophes révèlent aussi l’importance des liens sociaux, des mémoires locales et des savoirs transmis. Là encore, ce ne sont pas les individus qui s’adaptent seuls. Ce sont des sociétés qui mobilisent leur histoire, leurs institutions et leurs formes de coopération.

Ces exemples montrent que les capacités d’adaptation sont profondément inégales. Certaines sociétés disposent de ressources, d’institutions solides, d’une forte confiance collective et d’une mémoire des crises et d’autres non. Autrement dit, ce n’est pas notre organisme qui s’adapte le plus rapidement. C’est notre idée du collectif, de la coopération.

Parler d’adaptation conduit alors à se demander à quelles conditions celle-ci est possible.

Une démarche politique et culturelle

On entend beaucoup parler d’adaptation, mais souvent celle-ci est confondue avec l’habituation. Nous pouvons nous habituer au bruit, à la pollution, mais ce n’est pas s’adapter. L’adaptation sous-entend rarement une simple modification individuelle des comportements. Elle correspond beaucoup plus souvent à l’invention de nouvelles formes de coopération permettant de transformer une situation difficile. Celles-ci sont le résultat de longues expérimentations collectives, d’essais, d’échecs, de transmissions et d’ajustements successifs.

L’agriculture en est un exemple fondamental. L’anthropologue James C. Scott montre dans Against the Grain (1)que les premières sociétés agricoles ont été des organisations complexes où la production alimentaire était inséparable de nouvelles formes de pouvoir, d’administration, mais aussi de gestion collective. Même si Scott insiste sur les effets ambivalents de cette transformation (notamment la naissance d’états plus hiérarchisés), son analyse rappelle que l’agriculture est une manière nouvelle d’organiser la coopération humaine. Elle amène ainsi une transformation profonde des relations sociales. Cultiver suppose de savoir comment semer, récolter, conserver les semences, organiser le travail. La naissance de l’agriculture est synonyme de nouvelles formes de coopération autour de la terre, un élément devenant une ressource centrale.

Les systèmes de santé, les assurances sociales, les mutuelles ou les coopératives sont aussi intéressantes à ce propos. Les premières mutuelles ouvrières du XIXᵉ siècle, par exemple, ne sont pas seulement des mécanismes financiers. Elles sont issues d’une idée simple : face aux risques de maladie, d’accident ou de vieillesse, les personnes isolées sont vulnérables, mais une communauté organisée peut créer une protection collective. Le sociologue Robert Castel a montré dans Les Métamorphoses de la question sociale (2) comment les sociétés modernes ont progressivement construit des protections collectives pour répondre aux nouvelles vulnérabilités liées à l’industrialisation. Là encore, l’adaptation n’est pas seulement une affaire de techniques nouvelles. Elle repose sur notre capacité à créer des institutions capables de transformer une vulnérabilité individuelle en responsabilité collective.

Il ne s’agit donc pas seulement d’adapter nos comportements individuels. Changer nos habitudes alimentaires, réduire notre consommation d’énergie ou modifier nos déplacements est nécessaire, mais insuffisant.

L’enjeu est plutôt de trouver (ou de retrouver, parfois dans nos pratiques vernaculaires) des formes de coopération qui rendent ces changements possibles. Cela signifie peut-être, par exemple, de réapprendre à considérer l’eau non comme une simple ressource économique, mais comme un bien commun nécessitant des règles collectives. Cela signifie aussi réhabiliter les mémoires des crises passées. Les sociétés qui ont traversé des catastrophes ont souvent développé des savoirs précieux : où construire, comment se protéger, quelles ressources préserver, quelles solidarités mobiliser. Cela implique aussi de retrouver une attention aux sols, aux saisons et aux limites écologiques. L’agriculture industrielle moderne a parfois éloigné les sociétés de la connaissance directe des rythmes du vivant. Pourtant, de nombreuses pratiques agricoles traditionnelles reposaient sur une observation extrêmement fine des sols, des plantes et des cycles naturels.

L’anthropologue Tim Ingold (3) rappelle que nous ne sommes pas simplement placés dans un environnement auquel nous adapter. Nous apprenons davantage à vivre en développant des compétences, des attentions et des relations avec les êtres qui nous entourent avec lesquels nous sommes en relation. Les crises actuelles pourraient, d’ailleurs, même être comprises comme des crises de ces relations.

L’eau, un symbole de la difficulté à coopérer  

Même si l’on se dit que toute adaptation durable passe par l’invention de nouvelles formes de coopération, il serait naïf, de croire que cette dernière va de soi. L’eau en est probablement la meilleure illustration.

En effet, l’eau et l’irrigation ont derrière elles une histoire qui part d’une ressource autour de laquelle se sont organisées des relations sociales. Dans de nombreuses régions du monde, gérer l’eau a nécessité la création d’institutions collectives sophistiquées. Celles-ci ont été fondés sur des règles précises de partage, d’entretien des canaux et de résolution des conflits. En plus d’être une matière disponible, l’eau nous oblige à coopérer, à développer une relation sociale et autour d’elle s’entremêlent des enjeux de pouvoir, de territoire, d’inégalités d’identité… 

Aujourd’hui, les pressions exercées sur l’eau n’ont jamais été aussi fortes. Les sécheresses s’intensifient dans certaines régions, les nappes phréatiques s’épuisent, les glaciers reculent, les besoins agricoles augmentent, les villes grandissent et les barrages se multiplient…

L’hydrologue Emma Haziza (4) rappelle que le problème du XXIᵉ siècle n’est pas tant une disparition de l’eau qu’une profonde modification de son cycle. Les précipitations deviennent plus irrégulières, les épisodes extrêmes plus fréquents, les sols artificialisés infiltrent moins l’eau, tandis que les périodes de sécheresse se prolongent. Elle évoque un contexte où l’eau devient beaucoup plus difficile à stocker, partager et gérer, ce qui pourrait bien bouleverser les équilibres politiques autant qu’ écologiques.

Le bassin du Nil constitue sans doute l’exemple le plus emblématique de ces dernières années. Depuis des millénaires, l’Égypte dépend presque entièrement des eaux du fleuve. Aujourd’hui encore, la quasi-totalité de la population égyptienne vit sur ses rives ou dans son delta. Lorsque l’Éthiopie a entrepris la construction du Grand barrage de la Renaissance, destiné à produire de l’électricité et à soutenir son développement économique, l’Egypte s’est inquiété. Elle a craint d’une diminution des débits disponibles avec des conséquences pour l’agriculture et l’approvisionnement en eau. Le conflit n’oppose donc pas un « bon » et un «mauvais» acteur. Il révèle plutôt la difficulté de concilier des besoins légitimes lorsqu’une même ressource est partagée.

Une situation comparable se retrouve à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Depuis le traité de 1944, les deux pays se partagent les eaux du Colorado et du Rio Grande. Mais la diminution des débits, aggravée par plusieurs décennies de sécheresse dans le Sud-Ouest américain, rend cet accord de plus en plus difficile à appliquer. Les tensions récentes autour des livraisons d’eau prévues par le traité montrent que les équilibres juridiques construits au XXᵉ siècle sont désormais confrontés à des réalités climatiques nouvelles. Ce n’est plus seulement la quantité d’eau qui est en jeu, mais la capacité des institutions à s’adapter à une situation qui change.

Les barrages constituent eux aussi un révélateur de cette complexité. Ils produisent de l’énergie, permettent l’irrigation, mais ils transforment des écosystèmes et déplacent parfois des populations entières. L’anthropologue Anthony Oliver-Smith (5) a montré que les grands ouvrages hydrauliques ne sont pas que des infrastructures techniques. Ils redessinent les rapports entre les sociétés, les territoires et les pouvoirs.

À ces tensions s’ajoute un phénomène silencieux: l’épuisement progressif des nappes phréatiques. Dans de nombreuses régions du monde, l’eau souterraine est prélevée bien plus rapidement qu’elle ne se renouvelle. Les grandes plaines agricoles du nord de la Chine, certaines régions de l’Inde voient leurs réserves diminuer année après année. Parce que ces nappes sont invisibles, leur dégradation reste longtemps imperceptible.

Ces exemples autour de l’eau montrent que nous créons des milieux habitables tout en reconnaissant des interdépendances. L’adaptation n’est donc jamais la simple réponse d’un organisme à un milieu ; elle est une production du milieu lui-même.

C’est ainsi que l’eau nous oblige à regarder en face une contradiction fondamentale de notre époque. Nous savons que cette ressource nous rend interdépendants : un fleuve traverse plusieurs pays, une nappe alimente plusieurs territoires, un bassin versant relie les montagnes, les forêts, les villes et les zones côtières.

S’il est question dans les média de « guerres de l’eau »(6), toutes ces tensions traduisent la difficulté à construire des mécanismes de gouvernance capables de dépasser les intérêts immédiats. Elles montrent que l’eau ne crée pas automatiquement la coopération. Elle met à l’épreuve des institutions souvent organisées selon des frontières administratives, des intérêts sectoriels ou des logiques de court terme. La question peut être alors de savoir si l’évolution des institutions peut se faire aussi rapidement que les transformations et nouvelles contraintes du cycle de l’eau.

Au final, comme on l’a vu jusque-là, ce qui se pose avec acuité autour de l’eau, est juste un exemple des interactions, des complexités auxquelles nous sommes soumis pour nous adapter aux bouleversements actuels. Cela interroge aussi notre manière de voir les forêts, les océans ou les sols et tout ce qui nous entoure.

Et ces températures ?

Si l’on parle d’adaptation on est aussi amené à s’interroger sur la manière de nous adapter aux changements de températures. Que deviennent nos sociétés lorsque les températures auxquelles elle sont habituées ne sont plus celles dans lesquelles elles ont construit leurs manières de vivre ? En réalité,  ces changements ne modifient pas seulement notre confort. Ils remettent en cause nos conditions de vie (nos villes, rythmes de travail, logements, infrastructures de transport…). Nos habitudes, nos pratiques sociales, nos institutions, nos sociétés, nos imaginaires sont mis à l’épreuve. Le changement climatique met en lumière les limites de choix qui semblaient jusqu’alors aller de soi.

Comment continuer à travailler lorsque certaines heures deviennent dangereuses ? Comment construire lorsque les cyclones risquent d’être plus violents et plus nombreux? Comment maintenir des espaces publics lorsque personne ne peut les fréquenter ? Comment produire de la nourriture lorsque les sols se dessèchent ?

Les villes traditionnelles du Maghreb ou du Moyen-Orient sont construites avec des rues étroites qui créent de l’ombre, des patios intérieurs favorisant la circulation de l’air, des murs épais en terre ou en pierre qui limitent les écarts de température, des horaires de travail adaptés aux heures les moins chaudes. Il ne s’agit pas seulement d’architecture, mais d’une manière collective de s’organiser, d’inventer des cultures de la chaleur. Les changements se sont inscrits dans les rythmes sociaux autant que dans les techniques. Ils reposent  sur des choix politiques qui permettent d’anticiper ou s’inspirent des savoirs anciens.

C’est tout cela que l’on trouve, par exemple derrière les façons de repenser l’architecture, de redonner une place aux arbres et à l’eau dans les villes,  derrière la volonté de créer des lieux de fraîcheur accessibles à tous, de repenser les solidarités envers les personnes les plus vulnérables. 

Plus largement, cela signifie reconnaître que le climat n’est pas un simple décor au sein duquel se dérouleraient nos existences, mais l’une des conditions fondamentales de notre vie collective. Il façonne les territoires que nous habitons, les ressources dont nous dépendons, les rythmes qui organisent nos sociétés et, parfois, les limites auxquelles nous sommes confrontés.

À cette échelle, il ne s’agit plus vraiment de croire ou de ne pas croire, comme on adhérerait à une opinion parmi d’autres. Il s’agit d’admettre une réalité que beaucoup constatent déjà dans leur quotidien : des températures plus extrêmes, des saisons moins prévisibles, des événements météorologiques plus intenses, des tensions accrues autour de certaines ressources. Quelle que soit la manière dont chacun interprète ces transformations ou les causes qu’il leur attribue, leurs effets, eux, s’imposent progressivement à nos vies.

C’est sans doute pour cette raison que la question ne peut être réduite à celle de l’adaptation, si l’on entend par là un simple ajustement de nos comportements à un monde qui change. Les bouleversements actuels sont plus profonds. Ils interrogent nos représentations du progrès, notre rapport au temps, à la technique, à la mort, à la nature et, plus largement, notre manière d’habiter le monde.

Or, ces manières d’être ne se transforment pas du jour au lendemain. Elles sont le produit d’histoires longues, parfois millénaires, de croyances, d’institutions, d’habitudes et de récits collectifs. Peut-être est-ce là que réside la véritable difficulté : non pas apprendre à vivre dans un monde différent, mais accepter que certaines des évidences qui ont structuré nos sociétés pendant des siècles ne suffisent plus à penser celui qui vient.

Au final, pendant longtemps, nous avons pensé que l’adaptation consistait à modifier notre environnement pour qu’il corresponde à nos besoins, afin de continuer à vivre « comme avant », plutôt que d’imaginer d’autres manières d’habiter le monde. Peut-être découvrons-nous aujourd’hui que la véritable adaptation consiste moins à préserver nos habitudes qu’à transformer nos façons d’être en relation avec les autres, avec les milieux qui nous font vivre et avec les limites de la planète. C’est ce que suggérait déjà Gregory Bateson lorsqu’il écrivait que « The unit of survival is organism plus environment » – « l’unité de survie est l’organisme plus son environnement » – ou encore que « la créature qui triomphe de son environnement se détruit elle-même » (Bateson, 1972) (7). La survie ne dépend jamais d’un individu isolé, mais de la qualité des relations qu’il entretient avec le monde qui le rend possible.

Jared Diamond, dans Effondrement (2005) (8), décrit plusieurs sociétés qui ont poursuivi des pratiques devenues incompatibles avec leur environnement. Joseph Tainter (1988) (9) rappelle, quant à lui, que les effondrements ne résultent pas d’un simple défaut d’adaptation. Ils sont souvent liés à une complexité devenue trop coûteuse, à des choix politiques, à des conflits ou à des inégalités. Autrement dit, les sociétés ne disparaissent pas parce qu’elles seraient incapables d’apprendre.

Elles disparaissent probablement parce qu’elles refusent d’admettre ce qui se joue, parce qu’elles sont divisées ou parce que certains intérêts rendent le changement impossible.

Toutefois, l’histoire nous montre bien que le plus souvent nous avons inventé de nouvelles manières de vivre lorsque les anciennes ne suffisaient plus, créé des formes inédites de coopération, réinventé les institutions, élaboré de nouveaux récits et de nouvelles solidarités. 

C’est peut-être là que réside notre principale raison d’espérer. Nous ne savons pas exactement quel monde nous attend. En revanche, nous savons que nous n’avons cessé d’apprendre, de transmettre, d’expérimenter et de coopérer. Les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sont immenses, mais ils nous invitent moins à devenir des humains plus performants qu’à redevenir des sociétés capables d’imaginer ensemble d’autres façons de vivre.

Notes:

1 Scott, James C. Against the Grain: A Deep History of the Earliest States. Yale University Press, 2017.

2 Castel, Robert. Les Métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat. Paris : Gallimard, coll. « Folio Essais », n° 349, 1999. (1ere ed.:1995)

3 Ingold, Tim. The Perception of the Environment: Essays on Livelihood, Dwelling and Skill. Londres : Routledge, 2000.

4Emma Haziza. La guerre de l’eau n’aura pas lieu. Petit manuel de l’eau pour préserver notre avenir. Paris, Robert Laffont, 2023.

5 Oliver-Smith, Anthony (dir.) Development and Dispossession: The Crisis of Forced Displacement and Resettlement. Santa Fe : School for Advanced Research Press, 2009.

6 Franck Poupeau, La guerre de l’eau de Cochabamba est devenue un symbole mondial de résistance aux multinationales in Le Monde, 24 juillet 2024.

7 Bateson, Gregory. Steps to an Ecology of Mind: Collected Essays in Anthropology, Psychiatry, Evolution, and Epistemology. San Francisco: Chandler Publishing Company, 1972. Chapitre « Form, Substance, and Difference », p. 457.

8Diamond, Jared. Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie. Gallimard, 2006 (éd. originale : Collapse, 2005).

9 Tainter, Joseph A. The Collapse of Complex Societies. Cambridge University Press, 1988.

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