« Humain augmenté », est l’expression employée pour évoquer notre usage des technologies : téléphone intelligent, l’intelligence artificielle, objets connectés en tous genres… Depuis leur apparition, nous ne …

« Humain augmenté », est l’expression employée pour évoquer notre usage des technologies : téléphone intelligent, l’intelligence artificielle, objets connectés en tous genres… Depuis leur apparition, nous ne mémorisons plus les numéros de téléphone. Nous ne retenons plus les itinéraires. Nous déléguons nos souvenirs à des serveurs, nos choix à des algorithmes, notre orientation à des GPS, notre attention à des notifications. Tous sont devenus nos prothèses cognitives permanentes, mais peuvent-ils nous être utiles aujourd’hui?
Bien sûr, ces technologies augmentent réellement certaines de nos capacités. Elles nous donnent accès à une quantité de connaissances inimaginable il y a encore trente ans. Elles facilitent la communication, la création et l’apprentissage. Ces mutations se sont installées par confort et le numérique nous simplifie la vie. Il nous évite d’attendre, de chercher, de mémoriser, parfois même de réfléchir longtemps. Cette transformation s’est installée parce qu’elle était pratique. Le GPS améliore nos déplacements. Les réseaux sociaux augmentent nos interactions sociales. Les outils numériques améliorent notre productivité et l’intelligence artificielle multiplie encore cette dynamique.
Toutefois, cette évolution est si récente et si massive que nous peinons encore à mesurer ses effets profonds sur nous. Elle modifie non seulement notre manière de communiquer, mais aussi notre rapport à la solitude, à la présence et à nous-mêmes. Nous sommes hyperconnectés et souvent incapables de supporter quelques minutes sans consulter un écran. Ce qui était autrefois un espace mental vide (d’attente ou d’ennui) est désormais saturé de stimulation.
L’accélération évoquée par Hartmut Rosa (1) que ce soit à propos des communications, des transports, du travail ou de l’information, ne produit pas forcément plus de maîtrise. Elle engendre souvent une sensation diffuse de saturation et de perte de contrôle. Nous pouvons écrire sans écrire, penser sans formuler complètement sa pensée. Ainsi, toute augmentation produit également une dépendance. À chaque problème correspond désormais une assistance instantanée. Aujourd’hui, une partie croissante de nos capacités mentales repose sur des systèmes numériques externes.
Nous devenons plus performants, mais plus fragiles. Le GPS réduit aussi progressivement notre capacité naturelle d’orientation spatiale. Les réseaux sociaux nourrissent des phénomènes massifs d’anxiété, de comparaison et de dépendance à la validation. C’est peut-être là le paradoxe central de l’humain augmenté contemporain : nous augmentons nos capacités individuelles en échange d’une dépendance croissante. Nos vies reposent désormais sur des infrastructures invisibles extrêmement complexes : batteries, réseaux, serveurs, plateformes, cloud, algorithmes. Une panne prolongée d’internet ou d’électricité suffit aujourd’hui à désorganiser profondément le quotidien de millions d’entre nous.

« Humain augmenté », est l’expression employée pour évoquer notre usage des technologies : téléphone intelligent, l’intelligence artificielle, objets connectés en tous genres… Depuis leur apparition, nous ne mémorisons plus les numéros de téléphone. Nous ne retenons plus les itinéraires. Nous déléguons nos souvenirs à des serveurs, nos choix à des algorithmes, notre orientation à des GPS, notre attention à des notifications. Tous sont devenus nos prothèses cognitives permanentes, mais peuvent-ils nous être utiles aujourd’hui?
Bien sûr, ces technologies augmentent réellement certaines de nos capacités. Elles nous donnent accès à une quantité de connaissances inimaginable il y a encore trente ans. Elles facilitent la communication, la création et l’apprentissage. Ces mutations se sont installées par confort et le numérique nous simplifie la vie. Il nous évite d’attendre, de chercher, de mémoriser, parfois même de réfléchir longtemps. Cette transformation s’est installée parce qu’elle était pratique. Le GPS améliore nos déplacements. Les réseaux sociaux augmentent nos interactions sociales. Les outils numériques améliorent notre productivité et l’intelligence artificielle multiplie encore cette dynamique.
Toutefois, cette évolution est si récente et si massive que nous peinons encore à mesurer ses effets profonds sur nous. Elle modifie non seulement notre manière de communiquer, mais aussi notre rapport à la solitude, à la présence et à nous-mêmes. Nous sommes hyperconnectés et souvent incapables de supporter quelques minutes sans consulter un écran. Ce qui était autrefois un espace mental vide (d’attente ou d’ennui) est désormais saturé de stimulation.
L’accélération évoquée par Hartmut Rosa (1) que ce soit à propos des communications, des transports, du travail ou de l’information, ne produit pas forcément plus de maîtrise. Elle engendre souvent une sensation diffuse de saturation et de perte de contrôle. Nous pouvons écrire sans écrire, penser sans formuler complètement sa pensée. Ainsi, toute augmentation produit également une dépendance. À chaque problème correspond désormais une assistance instantanée. Aujourd’hui, une partie croissante de nos capacités mentales repose sur des systèmes numériques externes.
Nous devenons plus performants, mais plus fragiles. Le GPS réduit aussi progressivement notre capacité naturelle d’orientation spatiale. Les réseaux sociaux nourrissent des phénomènes massifs d’anxiété, de comparaison et de dépendance à la validation. C’est peut-être là le paradoxe central de l’humain augmenté contemporain : nous augmentons nos capacités individuelles en échange d’une dépendance croissante. Nos vies reposent désormais sur des infrastructures invisibles extrêmement complexes : batteries, réseaux, serveurs, plateformes, cloud, algorithmes. Une panne prolongée d’internet ou d’électricité suffit aujourd’hui à désorganiser profondément le quotidien de millions d’entre nous.
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